Serviette à élastique

Les gestes du quotidien peuvent parfois être rendus difficiles par la déficience visuelle, ou par des handicaps associés. Nouer une serviette dans son cou, ou même l’accrocher avec une pince à linge n’est pas évident en autonomie.

La solution que nous pratiquons consiste à coudre un élastique à deux coins de la serviette. Y passer la tête devient un jeu d’enfant.

Album photo sonore

Même quand on ne voit pas, on a pleinement conscience de l’importance des images : il ne se passe pas une journée sans que l’entourage ne prenne une photo. Alors pourquoi ne pas construire également un album photo, qui permettrait de convoquer le souvenir d’événements passés, de les partager avec des ami·e·s de passage.

On trouve sur certains sites spécialisés des albums sonores, où chacune des pages dispose d’un bouton, permettant de restituer un enregistrement sonore d’une  dizaine de secondes, réenregistrable à l’envie.

 

Tableau périodique

Dans un post récent sur son compte Facebook, le CRDV rapporte la création d’une collègue originaire de Budapest, présentée à l’occasion d’une rencontre du réseau européen ENVITER. Ce réseau regroupe des professionnels de l’éducation et de l’accompagnement de personnes en situation de handicap visuel.

Ce matériel pédagogique est dédié à l’apprentissage de la chimie, et plus particulièrement du tableau périodique, et de l’assemblage des atomes.

Le tableau périodique est fabriqué en tissu, et chaque élément dispose d’une poche, où sont écrits dessus en grand caractère et en braille le symbole de l’élément.

Dans chaque poche, on retrouve de petits disques de tissu, sur lesquels ont a cousu des perles, une par neutron présent dans le noyau, et des boutons, alignés sur des cercles brodés, représentant les électrons sur leurs couches.

Si la dernière couche n’est pas complète, autant de boutonnières que de places vacantes ont été pratiquées sur le dernier cercle. Ce dispositif permet de facilement assembler les atomes, pour créer des molécules. La photo en début d’article montre ainsi la molécule H2O.

À la fin de sa présentation, Agnes Somorjai a indiqué que le matériel était en vente en ligne, probablement sur le site de l’école. On y trouve également une vidéo de démonstration :

Lettres à toucher

Avoir accès aux formes des lettres telles qu’on les dessine à la main, c’est quelque chose d’important. Pour comprendre le monde qui nous entoure quand on est non voyant de naissance, ou pour entretenir sa mémoire quand on a déjà vu auparavant.

À la demande de l’enseignant de ma fille, j’ai fabriqué une série de lettres, d’une hauteur d’environ 4 centimètres, en découpant leur forme dans une planche de médium de 4mm d’épaisseur, grâce à la découpeuse laser de SIGMake.

Nous avons choisi la fonte DejaVu Sans : une police simple, sans empattement, avec une largeur de tracé relativement uniforme, et fine.

Appel à contribution : cartes pour déficients visuels

J’ai démarré il y a un peu plus d’une année une collaboration avec l’IGN sur la problématique de la conception de cartes pour déficients visuels. Les réflexions en adaptation développées sur ce blog sont une des manières pour moi de comprendre le travail des transcripteurs-adaptateurs.

Depuis la fin 2018, nous accompagnons un étudiant en thèse sur cette problématique, et le projet de recherche commence à se cristalliser. Nous le racontons sur le site ACTIVmap, où vous retrouverez nos activités de recherche, d’expérimentation, et de diffusion.

Le sujet sur lequel nous avonçons le plus concerne la création d’outils pour l’aide à la conception de cartes en relief. Afin de mener à bien nos recherches, nous sommes à la recherche de contributions de transcripteurs-adaptateurs. L’appel à contribution est ouvert jusqu’au 15 avril 2018, et disponible sur le site d’ACTIVmap :

Si vous avez dans votre entourage des personnes susceptibles d’y contribuer, n’hésitez pas à leur faire passer le message.

Boule qui est-ce, première partie

Ce qui est-ce tactile, quelle aventure ! Après une année de réflexions, de bricolage, de coups de main des copains et copines, et une dernière ligne droite palpitante, le qui est-ce est finalisé.

Et pour l’occasion, on vous dévoile ici son nom complet : le boule qui est-ce ?

Fabrication du plateau

Lors du dernier billet sur le sujet, j’avais raconté les détails de la fabrication des personnages. Restait à raconter ici la conception et la fabrication du plateau.

Dans ce jeu, chaque joueur doit pouvoir disposer les 18 personnages ainsi qu’un personnage supplémentaire face à lui. Il doit pouvoir toucher chaque personnage pour le découvrir, et doit pouvoir les enlever facilement.

J’ai donc imaginé un plateau constitué de 3 lignes de 6 personnages. La ligne est composée d’une saignée, qui permet de glisser les bâtonnets, et de 6 puits rectangulaires de 3 cm de profondeur, qui accueillent les bâtonnets pendant la partie. Une quatrième ligne accueille un puit rectangulaire, pour positionner le personnage qui a été pioché.

Chaque puit est écarté de son voisin de 10 cm, ce qui permet une exploration aisée du plateau.

Pour construire un tel plateau, j’ai utilisé des planches de medium de 3mm d’épaisseur, et j’ai profité de la proximité de SIGMake, un fablab situé sur le campus des Cézeaux, pour usiner les planches à la découpeuse laser.

L’ensemble est constitué d’une boîte parallélépipèdique, assemblée par créneaux, et d’un système de traverses qui s’assemblent pour former les puits, en face de trous percés dans la planche supérieure. Voici quelques images de l’assemblage.

Afin de permettre à d’autres personnes de fabriquer le même socle, je propose ici en téléchargement le fichier au format OpenSCAD que j’ai utilisé pour la conception, et le fichier au format dxf, que j’ai donné à la découpeuse laser.

Et voici un aperçu en image du patron de découpe :

Pour finaliser le plateau, j’ai ajouté du carton ondulé devant chaque puit, afin de faciliter le positionnement des personnages, ainsi qu’une petite étoile en mousse pour distinguer le personnage pioché des autres personnages. Le jeu est prêt !

PS : j’échange depuis quelques temps dans le cadre de mes activités de recherche avec l’équipe du laboratoire cherchons pour voir, qui a accompagné une équipe autour de l’adaptation du qui est-ce traditionnel. On peut voir leurs travaux sur la page consacrée au projet.

Qui est-ce tactile : ça avance grandement !

Il y a quelques temps, je partageais sur ce blog le début d’un projet de construction de qui est-ce tactile. Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet, j’avais du mal à imaginer combien ça serait long et fastidieux de le mener seul. J’avançais doucement, parfois accompagné, parfois seul. Après quelques mois de travail, le rythme s’est pas mal ralenti, et il était difficile de trouver le courage de continuer.

Parce qu’il faut quand même 3 exemplaires de chaque personnage !

J’étais un peu désespéré, alors j’ai décidé de changer de stratégie : trouver une équipe pour avancer ! J’avais déjà eu des propositions, certaines proches de chez moi, certaines lointaines. Alors j’ai commencé par un appel à participation des contributeurs éloignés, en produisant un document technique qui décrive les besoins en cours : qui est-ce tactile – besoin d’aide. Très vite j’ai reçu des réponses positives, et des colis sont partis d’un peu partout en direction de la terre du milieu.

Puis j’ai lancé un appel à participation pour un dimanche après-midi de bricolage. Et tous les copains et copines ont répondu à l’appel ! Nous devions bien être quinze au plus fort de l’après-midi, et tout a soudain été plus vite ! On a même trouvé le temps de faire une pause pour le goûter. Superbe après-midi, merci les ami·e·s !!!

Après cette folle journée, il ne manque plus que 3 personnages à finir, et quelques détails à ajouter, en cours de réalisation ou d’expédition : lunettes, cheveux frisés, et quelques oreilles. Voici les personnages rassemblés.

Ainsi que leurs doublures, qui attendent sagement à côté.

La dernière mission, et pas des moindres, sera de concevoir et fabriquer un socle pratique pour jouer… On est plus qu’impatients !

Lecteur numérique de bandes dessinées

Les livres audio sont des supports intéressants pour les non voyants. Quand on est malvoyant, la lecture en gros caractères est aussi une solution intéressante. Par chance, l’arrivée des livres numériques a grandement facilité l’accès à un grand nombre de titres.

Mais qu’en est-il pour la bande dessinée ? Par chance, la communauté des lecteurs de comics a très tôt cherché des solutions pour lire des livres dessinés sur des supports numériques. Il existe ainsi des formats tels que le cbz (ou cba, cbr, cbt, cb7) qui peuvent contenir les planches d’un album entier. Techniquement, il s’agit d’images, rassemblées dans une archives, et indexées efficacement. On trouve ainsi des librairies en ligne dédiées très complètes, comme izneo par exemple. Certaines médiathèques (comme celle de Clermont-Ferrand) propose d’ailleurs à ses abonnés un accès gratuit en consultation à des plateformes de ce type.

Bon nombre de logiciels savent lire ces formats, comme par exemple QComicBook sous GNU/Linux, ou encore Calibre, disponible pour Windows et GNU/Linux.

Ces logiciels, peaufinés avec soin par des passionnés, permettent de naviguer à l’écran page par page, vignette par vignette, voire même phylactère par phylactère, avec des raccourcis claviers faciles à retenir… En utilisant un écran de grande taille, on dispose ainsi à peu de frais d’une loupe virtuelle et ergonomique pour naviguer à travers une bande dessinée, un manga ou un comics…

Bien sûr, pas de synthèse vocale ni audiodescription intégrée à ces outils, du moins pour l’instant. Mais la numérisation des livres numériques, et la généralisation de l’audio ouvrira peut-être la voie à de telles solutions !

 

Informatique sans ordinateur

Il existe dans la plupart des villes universitaires un IREM (Institut de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques). À Clermont-Ferrand, je viens de rejoindre le groupe informatique sans ordinateur. Le principe du groupe est de concevoir des activités qui permettent à un enseignant de faire découvrir à ses élèves les fondements de la science informatique, mais sans passer par l’utilisation d’un ordinateur. Au menu des activités déjà réalisées : le binaire, les codes correcteurs d’erreurs, les automates, ou encore les algorithmes de tri.

Quand j’ai discuté pour la première fois avec l’équipe qui anime ce groupe de travail à l’IREM, je me suis demandé s’ils avaient envisagé d’adapter leurs activités pour des enfants déficients visuels. Et de fil en aiguille, c’est naturellement que j’ai eu envie de me lancer dans l’aventure…

Comme cette problématique d’adaptation des supports se rapproche un peu du savoir-faire des fablabs, et puisque les petits débrouillards Auvergne s’intéressent pas mal à la découverte de l’informatique sans ordinateur, nous avons décidé d’organiser une première soirée de réflexion autour du problème, dans leurs locaux.

Ça se déroulera donc lundi 13 novembre 2017, et c’est ouvert à toutes et à tous… Soyez les bienvenus !

Cet article a été publié pour la première fois le 9 novembre 2017 sur mon blog principal.