Qui est-ce tactile : ça avance grandement !

Il y a quelques temps, je partageais sur ce blog le début d’un projet de construction de qui est-ce tactile. Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet, j’avais du mal à imaginer combien ça serait long et fastidieux de le mener seul. J’avançais doucement, parfois accompagné, parfois seul. Après quelques mois de travail, le rythme s’est pas mal ralenti, et il était difficile de trouver le courage de continuer.

Parce qu’il faut quand même 3 exemplaires de chaque personnage !

J’étais un peu désespéré, alors j’ai décidé de changer de stratégie : trouver une équipe pour avancer ! J’avais déjà eu des propositions, certaines proches de chez moi, certaines lointaines. Alors j’ai commencé par un appel à participation des contributeurs éloignés, en produisant un document technique qui décrive les besoins en cours : qui est-ce tactile – besoin d’aide. Très vite j’ai reçu des réponses positives, et des colis sont partis d’un peu partout en direction de la terre du milieu.

Puis j’ai lancé un appel à participation pour un dimanche après-midi de bricolage. Et tous les copains et copines ont répondu à l’appel ! Nous devions bien être quinze au plus fort de l’après-midi, et tout a soudain été plus vite ! On a même trouvé le temps de faire une pause pour le goûter. Superbe après-midi, merci les ami·e·s !!!

Après cette folle journée, il ne manque plus que 3 personnages à finir, et quelques détails à ajouter, en cours de réalisation ou d’expédition : lunettes, cheveux frisés, et quelques oreilles. Voici les personnages rassemblés.

Ainsi que leurs doublures, qui attendent sagement à côté.

La dernière mission, et pas des moindres, sera de concevoir et fabriquer un socle pratique pour jouer… On est plus qu’impatients !

Lecteur numérique de bandes dessinées

Les livres audio sont des supports intéressants pour les non voyants. Quand on est malvoyant, la lecture en gros caractères est aussi une solution intéressante. Par chance, l’arrivée des livres numériques a grandement facilité l’accès à un grand nombre de titres.

Mais qu’en est-il pour la bande dessinée ? Par chance, la communauté des lecteurs de comics a très tôt cherché des solutions pour lire des livres dessinés sur des supports numériques. Il existe ainsi des formats tels que le cbz (ou cba, cbr, cbt, cb7) qui peuvent contenir les planches d’un album entier. Techniquement, il s’agit d’images, rassemblées dans une archives, et indexées efficacement. On trouve ainsi des librairies en ligne dédiées très complètes, comme izneo par exemple. Certaines médiathèques (comme celle de Clermont-Ferrand) propose d’ailleurs à ses abonnés un accès gratuit en consultation à des plateformes de ce type.

Bon nombre de logiciels savent lire ces formats, comme par exemple QComicBook sous GNU/Linux, ou encore Calibre, disponible pour Windows et GNU/Linux.

Ces logiciels, peaufinés avec soin par des passionnés, permettent de naviguer à l’écran page par page, vignette par vignette, voire même phylactère par phylactère, avec des raccourcis claviers faciles à retenir… En utilisant un écran de grande taille, on dispose ainsi à peu de frais d’une loupe virtuelle et ergonomique pour naviguer à travers une bande dessinée, un manga ou un comics…

Bien sûr, pas de synthèse vocale ni audiodescription intégrée à ces outils, du moins pour l’instant. Mais la numérisation des livres numériques, et la généralisation de l’audio ouvrira peut-être la voie à de telles solutions !

 

Informatique sans ordinateur

Il existe dans la plupart des villes universitaires un IREM (Institut de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques). À Clermont-Ferrand, je viens de rejoindre le groupe informatique sans ordinateur. Le principe du groupe est de concevoir des activités qui permettent à un enseignant de faire découvrir à ses élèves les fondements de la science informatique, mais sans passer par l’utilisation d’un ordinateur. Au menu des activités déjà réalisées : le binaire, les codes correcteurs d’erreurs, les automates, ou encore les algorithmes de tri.

Quand j’ai discuté pour la première fois avec l’équipe qui anime ce groupe de travail à l’IREM, je me suis demandé s’ils avaient envisagé d’adapter leurs activités pour des enfants déficients visuels. Et de fil en aiguille, c’est naturellement que j’ai eu envie de me lancer dans l’aventure…

Comme cette problématique d’adaptation des supports se rapproche un peu du savoir-faire des fablabs, et puisque les petits débrouillards Auvergne s’intéressent pas mal à la découverte de l’informatique sans ordinateur, nous avons décidé d’organiser une première soirée de réflexion autour du problème, dans leurs locaux.

Ça se déroulera donc lundi 13 novembre 2017, et c’est ouvert à toutes et à tous… Soyez les bienvenus !

Cet article a été publié pour la première fois le 9 novembre 2017 sur mon blog principal.

Adapter un lecteur CD

Être autonome quand on écoute des livres audio, ça passe aussi par le choix d’un appareil d’écoute facilement manipulable. Il existe pour les jeunes enfants des appareils très simples, mais souvent les boutons ne sont pas identifiables, excepté peut-être le bouton lecture qui porte un petit pic.

Il est bien sûr très facile d’utiliser là encore des autocollants en mousse, en les découpant en formes géométriques adaptées pour rendre accessible le lecteur. Bien sûr, si la personne est malvoyante, on peut choisir des autocollants en papier à fort contraste, ce que j’avais fait initialement.

Sur l’appareil que j’ai adapté, les boutons permettant de lire les k7 et les cd sont adaptés.

Jeux d’observation

J’ai découvert le livre Qui vive – 200 jeux d’observation de Jacques-Olivier Grandjouan au hasard d’une promenade aux puces de Clermont-Ferrand.

L’auteur y a compilé près de 200 jeux, qu’il a recueilli entre 1920 et 1930, lors de formations d’adultes, ou pendant des activités ludiques avec des jeunes éclaireurs de France. Outre le travail de compilation et de formalisation des règles, l’auteur a classé ces jeux par catégorie, rendant très facile son parcours.

On y trouve en particulier un ensemble de jeux qui visent à aiguiser les autres sens que celui de la vue, en proposant des jeux collectifs ou individuels, souvent à pratiquer les yeux bandés. Bien que certains jeux semblent dater un peu de par leur forme, bon nombre d’entre eux sont tout à fait pertinents pour une pratique ludique avec des enfants non voyants.

Un livre ouvert sur des règles de jeux.

Parmi ces jeux, on trouve par exemple :

  • Le mystère du sac fermé, dont on trouve les règles sur internet
  • L’objet manquant : on prépare une quinzaine d’objets différents au toucher sur un plateau. On laisse au joueur 3 minutes pour les explorer par le toucher, puis on reprend le plateau, on enlève un objet, et le joueur doit découvrir l’objet manquant.
  • Le cache-tampon aveugle,  consistant à chercher dans une zone donnée un objet que l’on connaît, mais dont on ignore la cachette.

Tout ces jeux entrent dans la catégorie des jeux nécessitant peu de matériel. En s’inspirant des jeux proposés par les scouts, ou en puisant dans ceux proposés par les jeunes formés au BAFA, on peut imaginer de nombreux jeux à pratiquer avec des jeunes déficients visuels.

Organiser la salle de bain

La première astuce d’hygiène corporelle que l’on découvre quand on accompagne une personne déficiente visuelle concerne l’utilisation du dentifrice. En effet, comment réussir à doser la quantité de dentifrice quand on le dépose sur une brosse à dent ? L’astuce consiste à utiliser le tube directement dans la bouche plutôt que sur la brosse à dent…

Mais l’organisation d’une salle de bain, où tout change de place, peut vite être globalement un défi.

À la maison, nous avons opté pour une technique simple : réunir tout le matériel de toilette dans une panière en plastique, de celles qu’on utilise pour ranger les épingles à linge. De forme rectangle, elle se tient bien sur le bord du lavabo, et permet à la personne déficiente visuelle de gérer son espace comme elle le souhaite, sans pour autant devoir partir à chaque fois à la chasse aux objets à travers toute la salle de bain.

Livres audio

Les livres audio, c’est vraiment le support parfait pour s’évader, quand on est un enfant malvoyant. Bien sûr, on peut demander aux voyants qui nous entourent de nous lire des histoires, mais le rapport intime au livre n’est pas le même, c’est une expérience différente.

La compagnie du chat noir

Nous avons la chance d’habiter à Clermont-Ferrand, où Denis et Catherine font vivre avec passion et bonheur la librairie du chat noir, l’une des rares librairies sonores de France. C’est chez eux que nous avons trouvé les classiques, tel que les contes de la rue Broca ou Bilbo le Hobbit. Et puis tous les autres, toutes ces centaines d’heures d’écoute que l’on dévore, sur place ou à emporter (j’ai bien fait de garder le lecteur CD portable de mon adolescence)… Pour rendre l’enfant autonome, l’utilisation d’un système de rangement adapté est essentiel, quand on dispose de nombreux livres.

Un Lunii, lecteur de livres audiosRécemment, une amie a posté sur son blog un article au sujet de Lunii, un chouette boîtier qui rend les enfants autonomes quand il s’agit d’écoute. Une piste intéressante, pour les enfants très jeunes, ou si l’on n’a pas adapté l’interface d’un lecteur CD classique.

Il existe aussi en ligne de nombreux sites internet proposant des livres audio, tel que littérature audio ou encore Audiolib. Il existe d’ailleurs des associations tel que les donneurs de voix qui proposent des bibliothèques très étendues. Les médiathèques quant à elles sont souvent très bien fournies en livres audio, aussi bien pour les petits que pour les grands.

Audiodescription

L’audiodescription consiste à rendre accessible à un public déficient visuel le contenu d’une œuvre graphique (vidéo, image, etc.) en la complétant par une bande son qui viendra décrire le contenu graphique.

La plupart des cinémas récents sont aujourd’hui équipés de dispositifs permettant de bénéficier de l’audiodescription pour tous les films projetés, et de plus en plus d’opéras proposent des séances audio-décrites. Il existe aussi des solutions pour profiter de l’audiodescription grâce aux smartphones, comme par exemple l’application GRETA.

Cependant, il arrive parfois que ces dispositifs ne soient pas disponibles. Rien de tel alors que de revenir à des choses plus artisanales, en accompagnant le malvoyant par des indications improvisées en direct.

Le logo d'ADVOXPROJECTMais il arrive aussi que l’on ait envie de rendre plus durables ces petites améliorations du quotidien.

Ainsi, j’ai initié avec deux amies il y a un an ADVOXPROJECT, un collectif qui s’est donné pour mission de faciliter l’accès à l’offre culturelle clermontoise aux publics déficients visuels.

L’une des activités de ce collectif est de proposer l’audiodescription de propositions culturelles locales, projets sur lesquels j’ai pu exercer les connaissances construites lors de mes activités radiophoniques.

Si tout se passe comme nous le souhaitons, d’ici une à deux années le festival international du court-métrage disposera en plus de sa séance audiodescription tout public une séance audiodescription supplémentaire destinée aux jeunes publics.

 

Plan de ville

Découvrir une nouvelle ville, c’est un plaisir de touriste que j’aime partager. Londres est une belle ville, complexe, multiple, passionnante.

Après tel un voyage de découverte, on aime bien pouvoir s’en souvenir, et les plans de ville constituent pour moi un aide-mémoire important.

Quoi de mieux donc que de réaliser un plan de ville où l’on replacera les lieux clés de la visite : musées, bâtiments du patrimoine, parcs, principales avenues et ponts, mais aussi parcs et fleuves.

Pour cela, il suffit de s’équiper de matériaux très simples. Pour cette carte de Londres, nous avions utilisé avec Émeline du matériel trouvé dans une boutique remplie d’étudiants des beaux arts : une feuille fine et translucide de plastique de couleur bleue, une feuille d’herbe synthétique pour maquette, du papier ondulé rouge, des petits disques en mousse autocollant d’environ 5 millimètre de diamètre, et de 2 millimètres d’épaisseur.

Nous avons complété cet équipement par de la peinture volumique, une étiqueteuse braillede la colle, du ruban adhésif résistant, une allumette pour donner l’échelle, ou encore une machine à écrire Perkins.

carte tactile de Londres

Nous avons utilisé comme support un carton aux dimensions A4, sur lequel nous avons scotché une feuille blanche de mêmes dimensions.

Après avoir esquissé avec un crayon à papier le réseau des rues, nous avions placé les étendues d’eau et les parcs à l’aide des feuilles de plastique transparent et de fausse herbe, puis nous avions découpé et placé les bâtiments importants de notre visite en découpant dans du papier ondulé. Nous avions tracé les principales avenues à la peinture volumique, indiqué les stations de métro utilisées à l’aide des petits disques de mousse.

Le réseau des rues denses avait été dessiné au crayon normal, pour l’esthétique visuelle. Puis nous avions utilisé l’étiqueteuse braille pour indiquer par une lettre ou deux chacun des éléments de la carte.

Enfin, une allumette coupée à la bonne longueur, et accompagnée d’un texte en braille, donnait l’échelle.

En rentrant de voyage, j’ai réalisé à la machine à écrire Perkins une légende détaillant le nom exact de chacun des éléments marqués par la carte.

Peinture sensitive

Peindre avec les doigts, on n’aime ou on n’aime pas. Mais ce qui est chouette, avec ces peintures sensitives de la marque Creall, c’est que chacune des couleurs a une texture différente. En plus des couleurs, varient la granularité et l’épaisseur de la peinture.6 pots de peinture sensitive Creall

Les couleurs se mélangent aussi très bien, et même après 4 années, les peintures sont toujours utilisables, excepté peut-être le rouge qui est devenu très très liquide. L’étiquette du fabricant indique répond à la norme de sécurité européenne EN71-7.Peinture sensitive sur une paletteUne fois séchée, la peinture conserve son aspect granuleux, rendant les réalisations en partie accessibles au toucher.