Rosalie, tandem, vélorail: faire du vélo

Les activités sportives peuvent être un défi lorsque l’on perd la vue, ou que la motricité devient moins sûre. Judo, piscine sont des activités faciles à pratiquer. Moyennant un peu d’organisation, les sorties vélo sont aussi très pratiques.

C’est ainsi que les comités locaux de l’association Valentin Haüy organisent régulièrement des sorties tandem. À Clermont-Ferrand, c’est le guidon dans la tête qui a révisé les machines. Si les tandems utilisés dans ses sorties sont des tandems classiques, il existe aussi des engins plus élaborés, comme les tandems Pino par exemple, où le passager de devant est en position couchée, et celui de derrière, en position assise, avec le guidon et les freins. Les intérêts sont multiples: facilité de discussion entre les deux cyclistes, deux roues libres permettant à chacun·e de se reposer à son tour, très bonne tenue du passager avant…

Tandem Pino

Parmi les autres activités possibles, on peut lister les rosalies, ces voitures à pédales et à deux ou quatre places, avec quatre roues et un volant. C’était l’une des attractions de la vélorution de Clermont-Ferrand pendant quelques temps.

Enfin, on peut évoquer l’existence des vélorails, ces équipements qui ont progressivement pris possession des voies ferrées abandonnées par la SNCF. De petits véhicules à pédales, sur rails. On pédale à deux, avec un ou deux passagers supplémentaires, sur des sections très plates. L’effort est facile, le plaisir très grand.

Deux enfants s’installant sur les selles d’un vélorail.

Lunii

Écouter un livre audio, c’est chouette, ça permet de vivre des aventures. Mais participer en plus à la construction de l’histoire, c’est passionnant !

C’est ce que l’on peut faire si on gravite dans l’univers des bidouilleurs de son, comme le collectif du cri de la girafe. Mais on peut aussi l’expérimenter grâce à Lunii, et sa fabrique à histoires.

Petit appareil très malin, développé par une entreprise française, Lunii permet à l’auditeur de choisir les ingrédients de son histoire, à l’aide d’une interface simple : un bouton à tourner, un bouton pour valider. Dans le premier pack livré avec la petite boîte, 48 histoires sont à découvrir, en explorant les combinaisons possibles de personnages, d’objets, de situations…

L’objet dispose d’un petit écran qui présente une illustration en noir et blanc de chaque élément à choisir, mais comme tout est audio, cela convient parfaitement aux enfants déficients visuels.

Dessiner en plantant

On a abordé plusieurs techniques permettant à un enfant déficient visuel de dessiner : formes aimantées, planche dycem.

Planches à pics

Une autre approche consiste à utiliser ces jeux pour enfants où des petits éléments viennent se fixer sur une grille régulière de trous. Ces objets peuvent être de petites perles, chacune équipée d’un unique pic. On trouve classiquement une planche blanche, équipée de pics de 4 couleurs (rouge, vert, bleu, jaune). Dans notre cas, nous les avons rangés dans une boîte à compartiments, une case par couleur, étiquetée en braille.

Nous avons gardé quelques bouchons de différentes tailles afin de faciliter le dessin de formes circulaires.

Tableau de formes

Dans les années 90, Fisher Price éditait un tableau de formes. Cette fois-ci, la grille est verticale, légèrement inclinée, et les formes sont diverses : carrés, disques, cercles, rectangles, … Chacune de ces formes peut être fixée à la grille grâce à deux petits pics, qui viennent se ficher dans les trous réguliers. Le jeu est construit sous forme d’un tableau, avec une poignée au sommet pour en faciliter le déplacement, un compartiment de rangement pour les pièces en bas, ainsi qu’un levier permettant de défaire tout le dessin.

Un tableau de formes de la marque Fisher Price

Rubik’s cube

Il existe des Rubik’s cube aux facettes disposant de dessins en relief (croix, ronds, etc.), facilement trouvables dans le commerce. Mais on peut aussi simplement modifier un Rubik’s cube classique en trouvant 5 textures différentes pour une expérience 100% tactile.

Dans mon cas, j’ai laissé une face lisse, puis augmenté les cinq autres faces avec de la moquette, du carton ondulé, de la feutrine, du papier de verre très fin, et des points de peinture volumique. L’ensemble est fonctionnel, même si d’un point de vue visuel il est peu accessible, car je n’avais à disposition qu’un Rubik’s cube aux faces dessinées…

Se repérer dans la maison

Il arrive que le repérage dans la maison soit complexe. Quelques repères tactiles simples permettent de se simplifier la vie : un ruban vertical fixé à un mur, pour identifier l’approche d’un lieu caractéristique, ou encore de la signalétique sur les portes.

Nous avons opté pour des autocollants en mousse, chacun de forme différente, et placés au milieu de la porte, afin d’aider au repérage et à la discrimination des portes.

Pour la porte de chambre, la poignée est augmentée de porte-clés, certains équipés de grelots, pour une personnalisation tactile et sonore.

Dessiner en relief

Dans un article précédent, j’évoquais la possibilité de dessiner grâce à des formes aimantées.

L’outil est intéressant, parce que facile à utiliser et réutiliser, mais il ne permet pas une complète liberté de forme. Et pour un enfant qui a déjà vu, la manipulation du crayon reste un incontournable.

L’utilisation d’une planche à dessiner en silicone, sur lequel on place une feuille de plastique tramée Dycem est une alternative intéressante. Quand on dessine sur la feuille avec un stylo bille, le plastique se distord localement, et prend du relief. On peut ensuite explorer le dessin au toucher.

Dans notre pratique, nous avons adapté des crayons 4 couleurs à l’aide d’une étiqueteuse braille, avec une lettre par couleur, pour offrir l’autonomie du choix des couleurs à un enfant qui en serait friand.

Un crayon 4 couleurs au toucher feutré, augmenté de lettres en braille.

D’autres idées d’outils de dessin sont proposées sur le site enfant-aveugle.

Les appareils parlants

Les téléphones portables, les ordinateurs parlent tous de plus en plus, grâce à la synthèse vocale.

Certains objets électroniques du quotidien sont aussi équipés de dispositifs sonores permettant d’accéder à l’information. On trouve par exemple des réveils parlants, destinés aux jeunes enfants qui ne savent pas encore lire l’heure. Ils ont l’avantage d’être vendus dans des magasins généralistes, et sont donc moins onéreux que les matériels dédiés à la déficience visuelle.

Le son d’un réveil matin

Dans ces boutiques spécialisées, on trouve par exemple des montres parlantes. J’avais choisi un modèle très simple à utiliser, mais à l’usage, la taille de l’objet est parfois contraignante.

Le son d’une montre.

Certains équipements électroménagers comme des balances ou des fours sont également disponibles. Ils permettent l’apprentissage de l’autonomie pour en enfant déficient visuel, qui peut se libérer d’une aide extérieure afin de réaliser les premières tâches du quotidien.

Serviette à élastique

Les gestes du quotidien peuvent parfois être rendus difficiles par la déficience visuelle, ou par des handicaps associés. Nouer une serviette dans son cou, ou même l’accrocher avec une pince à linge n’est pas évident en autonomie.

La solution que nous pratiquons consiste à coudre un élastique à deux coins de la serviette. Y passer la tête devient un jeu d’enfant.

Album photo sonore

Même quand on ne voit pas, on a pleinement conscience de l’importance des images : il ne se passe pas une journée sans que l’entourage ne prenne une photo. Alors pourquoi ne pas construire également un album photo, qui permettrait de convoquer le souvenir d’événements passés, de les partager avec des ami·e·s de passage.

On trouve sur certains sites spécialisés des albums sonores, où chacune des pages dispose d’un bouton, permettant de restituer un enregistrement sonore d’une  dizaine de secondes, réenregistrable à l’envie.